SOS Villages d'Enfants lutte contre la crise alimentaire au Niger

Au début du mois de mai 2010, SOS Villages d'Enfants a lancé un programme d'aide d'urgence au Niger pour aider les enfants et les communautés à faire face aux effets de la crise alimentaire qui prend de plus en plus d'ampleur. Le programme prévoit à la fois des mesures immédiates visant à nourrir les enfants et les familles et des mesures à long terme afin de prévenir les futures crises.

La crise alimentaire a poussé de nombreux villageois affamés des régions de Tahoua et d'Abalak à quitter leur maison pour tenter de trouver de la nourriture ou du travail dans de plus grandes villes. Certains ont emmené leurs enfants avec eux, les exposant à des exploitations de toutes sortes en échange de nourriture. D'autres les ont laissés à la charge de membres de leur famille ou de voisins, dans des villages à présent à moitié vide, où l'on meurt de faim.

Le programme de SOS Villages d'Enfants, qui aura un impact sur environ 10 000 des enfants et adultes les plus touchés, s'articulera autour de quatre stratégies principales pour apporter une réponse aux besoins immédiats de la population et pour mettre en place des structures qui réduiront les risques que de tels désastres se produisent dans le futur.

Aide immédiate

La distribution de colis de vivres à la population au bord de la famine est de loin la préoccupation la plus urgente. SOS Villages d'Enfants en a déjà distribué au cours du mois de mai, donnant à 700 grandes familles (soit près 10 500 personnes au total) des échantillons de nourriture de base ainsi que des suppléments alimentaires développés spécialement pour répondre aux besoins nutritionnels des enfants souffrant de malnutrition. En outre, l'équipe d'aide d'urgence de SOS Villages d'Enfants a montré aux mères comment préparer à leurs enfants des repas spéciaux riches en vitamines. Deux autres distributions de cette ampleur sont prévues en juin et en août.

Il faut également identifier le matériel médical dont on a le besoin le plus urgent. Cette autre mesure importante est intimement liée à la formation d'aides médicaux désignés dans huit villages de la région touchée, villages situés très loin de toute infrastructure médicale. Une femme et un homme de chacun de ces villages sont actuellement formés aux procédures médicales de base et à traiter des maladies provoquées par un mauvais régime telles que la diarrhée ou la malnutrition. La formation s'accompagne du développement d'un manuel médical, sorte de directives sur lesquelles les prochains aides médicaux pourront s'appuyer pour faciliter leur tâche.

Amélioration structurelle sur le long terme

SOS Villages d'Enfants met également en place des structures qui permettront d'assurer l'approvisionnement futur des villages en nourriture. La première, c'est la création de banques de céréales qui, une fois construites et remplies, seront gérées de manière anonyme par des comités administratifs élus dans chacun des sept villages choisis pour ce programme en raison de leur situation particulièrement précaire. Cela protégera les habitants des effets de la sécheresse mais également de l'inflation des prix de l'alimentaire, un problème fréquent par le passé.

Sur le long terme, pourtant, le système même de culture de produits agricoles devra être amélioré afin de réagir aux sécheresses de plus en plus fréquentes et d'éviter que le sol ne s'érode encore davantage. Cela passera d'une part par la création de structures de contrôle de l'érosion (comme des terrasses, des demi-lunes ou encore des poquets de zaï, méthodes traditionnelles de gestion de l'eau qui se sont montrées efficaces dans d'autres pays), et d'autre part par la distribution de graines spéciales qui poussent rapidement afin de permettre aux fermiers de la région de se remettre de la perte de leurs récoltes.

Les récoltes du Niger ont subi les conséquences désastreuses de pluies irrégulières et de troubles politiques. Selon une étude menée ce mois-ci par le gouvernement, la sécurité alimentaire de sept millions de personnes n'est pas assurée (voir le précédent rapport sur la crise alimentaire au Niger).