Les familles du village d'enfants SOS de Mogadiscio sont évacuées dans des quartiers plus sûrs de la ville après les terribles bombardements commis hier par les troupes somaliennes et éthiopiennes autour du village. Cinq familles ont déjà quitté le village. Ahmed Ibrahim, le directeur de SOS Villages d'Enfants Somalie, nous rapporte qu'au plus tard dans l'après-midi, toutes les familles seront évacuées dans des zones plus sûres.
Les attaques perpétuées hier à la roquette ont tué une assistante familiale et blessé grièvement quatre collaboratrices. Ce bombardement est le plus grave que les enfants, les mères et les collaborateurs aient jamais connu au village. Les roquettes étaient plus grosses que celles qui ont attaqué les infrastructures SOS dans le passé et leur pouvoir de destruction était plus fort. Dès les premiers signes de combats, tous les enfants et les jeunes se sont réfugiés dans les abris. Mais quelques mères et assistantes familiales ont quitté le bunker pour évaluer la situation. Une mère se trouvait seule dans sa maison quand une roquette est tombée. Grièvement blessée, elle a été transportée à l'hôpital de la Croix rouge et est toujours en soins intensifs. Une assistante familiale a été tuée par une roquette alors qu'elle rentrait dans sa maison, trois autres collaborateurs ont été également grièvement touchés.
"La situation est très mauvaise", dit Ahmed Ibrahim."Nous ne pouvons pas dire si et quand les familles pourront rentrer au village. Les autres collaborateurs sont eux aussi en danger." L'école SOS Hermann-Gmeiner, qui accueille normalement 500 écoliers, et le jardin d'enfants SOS sont actuellement fermés pour les vacances. La clinique SOS est toujours ouverte mais fonctionne avec un minimum de personnel.
Les derniers événements à Mogadiscio ont bouleversé Helmut Kutin, le président de SOS Villages d'Enfants: "Alors que nous pleurons la mort d'une assistante familiale et nous inquiétons de l'état des blessés graves qui donnent leur meilleur pour les enfants dans des conditions extrêmement difficiles, nous nous demandons combien de temps nous allons encore pouvoir poursuivre nos programmes à Mogadiscio. Nous sommes engagés dans la région depuis plus de vingt ans. Vu la situation de la population et le million de réfugiés, fermer nos infrastructures sociales serait une catastrophe humanitaire. Ce serait un terrible coup porté à l'avenir des enfants et à la prise en charge médicale de la population. Nous appelons les parties en conflit à déposer les armes et à faire en sorte que la population civile soit protégée et la sécurité des engagements humanitaires garantie."