
"Mon ami qui a le sida reste mon ami" - Badge du centre social SOS d'Ennerdale en Afrique du Sud
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Dans son message à l'occasion de la Journée mondiale du sida, le Secrétaire général de l'ONU, M. Kofi Annan, a souligné que la lutte contre la propagation de la maladie était une condition essentielle pour atteindre les objectifs de développement (objectifs du Millénaire pour le développement). Si, ces dernières années, des progrès ont été enregistrés dans certains domaines, cela ne présente pas encore, loin de là, un véritable tournant dans la lutte contre le sida.
Avec ses programmes sociaux, SOS Villages d'Enfants mise surtout sur l'aide aux enfants et jeunes dont l'avenir est fortement menacé par le VIH/sida. L'action se concentre sur les régions au sud et à l'est de l'Afrique ainsi que sur les régions d'Afrique occidentale et centrale et sur l'Europe de l'Est. En Afrique, au total, ce sont près de 23 500 enfants et adolescents touchés, de quelque façon que ce soit, par le VIH/sida en Afrique, sont pris en charge par l'organisation.
Le nombre de programmes et de centres sociaux SOS, qui coordonnent les mesures d'aide, ne cesse d'augmenter. Actuellement, on compte, sur le continent africain, 57 centres et programmes sociaux SOS oeuvrant pour les enfants touchés par le VIH/sida. 21 nouveaux projets et centres sont prévus d'ici fin 2007 rien que pour l'Afrique.
En Estonie et en Ukraine, il existe également des projets de lutte contre le sida pour les enfants, les jeunes et leurs familles, et de nombreuses institutions SOS Villages d'Enfants dans le monde entier (écoles, centres de formation professionnelle, centres médicaux) sont actives dans le domaine de la sensibilisation. La plupart du temps, l'organisation coopère avec d'autres organisations humanitaires, des initiatives locales et les autorités, l'ancrage du soutien aux victimes du sida dans les communautés est un objectif majeur.

Un orphelin du sida de Lusaka, en Zambie, qui reçoit le soutien de SOS Villages d'Enfants - Photo: B. Strandell
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Un des plus grands problèmes reste le manque de ressources de prise en charge appropriée et la discrimination des personnes touchées par le VIH/sida. Cela ne concerne pas seulement les personnes séropositives, mais aussi et surtout les enfants dont les parents sont morts du VIH/sida. Au fait que la maladie est souvent tabouisée s'ajoute le problème de l'accès très limité aux services de base et aux possibilités d'instruction, ce qui nourrit la spirale de la pauvreté et, par là et en raison du manque d'informations et d'autres facteurs de risque dus à la pauvreté, le danger de s'infecter.
"Mes parents sont tous les deux morts du sida en l'espace de six mois. J'étais persuadé que je ne pourrais pas aller à l'école cette année, parce que je n'avais plus personne qui pouvait se charger des frais de scolarité", raconte Moussa*, 14 ans, de Niamey au Niger. Ahmadou* est, lui aussi, orphelin du sida: "Je voulais aller à l'école ou apprendre un métier, j'ai essayé pendant cinq ans, mais c'était impossible."
Pour les enfants qui perdent leurs parents (notamment dans les pays émergeants ou en voie de développement), une des premières conséquences de la disparition de leurs parents est le fait qu'ils ne peuvent plus aller à l'école. C'est là qu'interviennent les nombreux programmes de SOS Villages d'Enfants pour le renforcement des familles. Comme Moussa et Ahmadou, des milliers d'autres enfants ont de nouveau la possibilité d'aller à l'école: l'organisation se charge de leurs frais de scolarité et ils reçoivent des livres, du matériel pédagogique et des uniformes.

Des mères qui trouvent une aide au centre social SOS de Qwa Qwa, en Afrique du Sud - Foto: B. Strandell
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Le programme de Niamey a été lancé en mars 2005, d'autres ont été mis en oeuvre il y a plusieurs années déjà, comme en Afrique du Sud par exemple, qui figure avec un taux d'infection de 11 % en tête du triste palmarès des pays les plus touchés par le sida. Chacun des sept villages d'enfants SOS en Afrique du Sud dispose également d'un centre social offrant des conseils en matière de VIH/sida, un soutien psychologique et médical, une prise en charge des enfants, un travail de soutien social en faveur des communautés, etc. D'autres centres de ce genre, encourageant notamment la population des communautés locales à l'entraide, sont en projet.
Les villages d'enfants SOS de Pietermaritzburg (province du KwaZulu-Natal) et de Cape Town, qui touchent des milliers d'enfants grâce à leurs programmes de renforcement des familles, prévoient des actions spéciales pour la Journée mondiale contre le sida, afin de montrer que les impulsions doivent être données aussi bien par la base que par les décideurs, pour stopper la pandémie du sida. Au KwaZulu-Natal, on a lancé différentes campagnes pour attirer l'attention sur le sort des enfants touchés par le sida et leurs familles et pour collecter des dons pour eux. A Cape Town, c'est le réseau d'ONG et CBO (organisation opérant dans le cadre de la communauté) qui est mis en avant, et les organisations coordonnent leur action pour proposer aux communautés concernées des aides sociales de toute sorte.

Des jeunes lors d'une réunion d'information sur le thème du sida au centre social SOS en Ukraine - Photo: P. Lydén
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Dans ses programmes sociaux, SOS Villages d'Enfants s'occupe directement d'enfants et de leurs familles, souvent nombreuses. Dans de nombreux cas, un des parents ou même les deux sont morts, ou bien il ne reste plus que les grands-parents pour s'occuper des enfants, ou encore ce sont des enfants qui doivent tout seuls subvenir aux besoins de leurs frères et soeurs. Les programmes font en sorte que les enfants soient scolarisés ou suivent une formation, et assurent également un approvisionnement de base en biens matériels mais aussi dans le domaine médical et en matière de droit.
"Une fois par semaine, nous rendons visite aux familles, pour voir si les enfants se nourrissent correctement, s'il vont régulièrement à l'école et si les membres séropositifs de la famille prennent bien leurs médicaments", Rufaï Hadiara, la coordinatrice du programme SOS de renforcement des familles au Niger, décrit le travail quotidien, qui ressemble à celui effectué dans beaucoup d'autres pays.
A Niamey, au Niger, on réalise la complexité des besoins. Les enfants sont aidés directement, et les femmes dont le mari est mort du sida peuvent suivre des cours de formation afin de pouvoir subvenir aux besoins de leur famille. L'organisation finance les médicaments et les thérapies antirétrovirales pour les personnes séropositives et propose des soins gratuits dans une clinique travaillant en collaboration avec SOS Villages d'Enfants. En outre, un centre de santé pour la communauté va être établi en coopération avec l'Union européenne.

Un enfant du Zimbabwe a dessiné le deuil - Photo: J. Telling
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Les employés du centre social SOS de Bindura, au Zimbabwe, sont confrontés à un autre aspect de la problématique du VIH/sida. En plus d'offrir un soutien aux personnes touchées par le VIH/sida, le centre accompagne les jeunes dans leur deuil. Dans de nombreuses communautés où la mort par le virus est devenue quasi quotidienne, les adultes comme les enfants sont presque immunisés contre les sentiments de perte et de douleur, sentiments qui réapparaissent souvent plus tard sous une autre forme.
Au centre social SOS, Kudzai Mazemwa travaille plusieurs heures par semaine avec des groupes de jeunes et tente, grâce à différentes techniques, d'accorder une place, du temps et une forme au deuil. En moyenne, ce sont 50 jeunes des environs qui se rendent chaque samedi à ces réunions où la perte du père, de la mère, de la soeur ou du frère est évoquée avec prudence et en douceur à travers théâtre, sport, peinture et autres techniques.
Pour un enfant, un autre moyen de surmonter le deuil est d'écrire une lettre à la personne qui est partie pour lui dire au revoir, parce qu'il n'a peut-être pas pu le faire. L'enfant peut de cette façon exprimer aussi ce qu'il a ressenti depuis la mort de son proche.
Le centre social et médical SOS de Nairobi, au Kenya, a pris une nouvelle initiative remarquable en créant cette année un cadre protégé pour les victimes du VIH/sida et les enfants séropositifs, le "Haven of Love" (havre d'amour). Il accueille les enfants de trois à quatorze ans.
Les études montrent que les enfants séropositifs ont une plus grande espérance de vie lorsqu'ils bénéficient d'un soutien psychologique de qualité, en plus de soins médicaux complets. Cela signifie aussi qu'ils doivent être informés sur leur maladie, ce que beaucoup de parents négligent de faire par peur de voir leurs enfants exclus.
Au "Haven of Love", on propose entre autres de la thérapie par le jeu, des activités de plein air, des programmes de nutrition, des journées familiales, des actions parents-enfants, des séminaires d'information pour les parents. Après les enfants séropositifs, les enfants dont les parents ou un frère ou une soeur sont contaminés constituent le deuxième groupe cible. Un des principaux objectifs du "Haven of Love" (et de tous les programmes de renforcement des familles de SOS Villages d'Enfants dans le domaine de la prévention du VIH/sida, de l'orientation, du soutien et de la prise en charge) est de les aider dans leur rapport à la maladie dans leur famille et surtout de leur donner une stabilité émotionnelle et psychologique, ainsi que des stratégies pour surmonter la situation.
SOS Villages d'Enfants a mis sur pied des projets sociaux, des programmes sociaux, des centres sociaux et des centres médicaux SOS pour les enfants contaminés par le VIH/sida et leurs familles, entre autres en Afrique du Sud, au Botswana, au Zimbabwe, en Zambie, en Tanzanie, au Malawi, au Mozambique, au Kenya, au Niger, au Bénin, au Burundi, en République démocratique du Congo, en Côte d'Ivoire, en Ethiopie, au Ghana, au Lesotho, en Namibie, au Nigeria, au Rwanda, au Swaziland, au Togo, en Ouganda, en Ukraine et en Estonie. D'ici la fin de l'année, 27 000 enfants et jeunes dans le monde auront reçu un soutien dans le cadre de cette action.
*Le nom a été changé par la rédaction