La guerre civile qui sévit depuis septembre 2002 dans la république d'Afrique occidentale a entre-temps entraîné une situation critique jusque dans la métropole économique d'Abidjan. Les gens manifestent dans les rues leur refus du plan de paix négocié en France entre le gouvernement et les représentants des rebelles au début du mois de février et non reconnu intégralement par le Président Laurent Gbagbo. Chaque jour, on assiste à des manifestations de partisans du gouvernement et à des actes de violence. Les groupements de rebelles menacent de gagner Abidjan au cas où le Président Gbagbo n'accepterait pas les conditions de l'accord de paix. Il n'est pas possible de dire comment la situation va évoluer prochainement.
Comme l'a déclaré mercredi Mme Clotilde Kouedan-Abauleth, la présidente de SOS Villages d'Enfants Côte d'Ivoire, toutes les écoles et les jardins d'enfants sont restés fermés plusieurs jours fin janvier aussi bien à Abobo-Gare, à 15 km d'Abidjan, qu'à Aboisso. Même les institutions scolaires de SOS Villages d'Enfants dans ces deux villes ont dû fermer leurs portes provisoirement, mais ont repris leur service depuis lors. Toutefois, on demande aux parents de venir chercher leurs enfants en cas d'escalade des perturbations dans la ville.

Village d'enfant SOS Abobo-Gare - Photo: A. Gabriel
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Entre-temps, les collaborateurs de SOS Villages d'Enfants se préparent à une détérioration de la situation. L'attention converge vers le village d'enfants SOS d'Abobo-Gare, situé dans un quartier musulman et risquant des problèmes graves en cas d'escalade. Toutefois des mesures de précaution sont également prises à Aboisso. On constitue des réserves de denrées alimentaires et d'eau, rassemble tous les documents importants et achète des médicaments. Jusqu'à présent, les troubles n'ont pas directement touché les institutions de SOS Villages d'Enfants, seule l'augmentation des prix massive sur les produits d'usage courant s'est fait ressentir. Il est fréquent que les marchés restent fermés en raison des marches de protestation, des secteurs économiques entiers sont paralysés par les émeutes.
Dans le cas où la situation viendrait à s'aggraver, comme beaucoup le redoutent, surtout à Abidjan et aux alentours, tous les enfants et collaborateurs seraient transférés à Aboisso, qui est situé à proximité de la frontière du Ghana. Si la guerre civile prenait de l'ampleur et touchait l'ensemble du pays, leur évacuation vers le Ghana serait même envisageable. Les collaborateurs de SOS Villages d'Enfants ont déjà contacté toutes les organisations humanitaires importantes sur place comme les représentations locales de l'UNICEF et de la Croix-Rouge, pour pouvoir compter sur leur aide en cas de besoin.

Photo: T. Stankiewicz
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C'est à Abobo-Gare que se trouve le premier village d'enfants SOS construit en Afrique. Il y a plus de 30 ans, un projet lancé par un prêtre français du nom de "père Martin" en faveur d'enfants orphelins a abouti à la création du village, qui comprend douze maisons familiales auxquelles ont été entre-temps annexées un jardin d'enfants, une école primaire et un foyer de jeunes. En 1980, l'attention des collaborateurs de SOS Villages d'Enfants Côte d'Ivoire a été attirée sur un problème social particulier à la région d'Aboisso, au sud-est du pays. Conformément à une coutume locale, le dixième enfant d'une famille est rejeté du fait qu'il est censé porter malheur. La situation désespérée de ces enfants rejetés a incité SOS Villages d'Enfants à construire le deuxième village d'enfants SOS du pays. Ce projet a lui aussi été complété par un jardin d'enfants, une école et un foyer de jeunes.