
Gilbert Cotteau (à droite) et Helmut Kutin en pleine discussion - Photo: R. Pichler
|
C'est une fête pour les enfants très émouvante qui a ouvert, le 24 juin, les festivités à l'occasion du jubilé de la deuxième plus vieille association SOS Villages d'Enfants du monde. Beaucoup d'amis, de compagnons, d'anciens enfants de SOS Villages d'Enfants, d'enfants actuellement pris en charge par l'organisation et leurs mères SOS se sont retrouvés à Busigny, où a été ouvert en 1956 le premier village d'enfants SOS de France qui était en même temps le premier village d'enfants SOS hors de l'Autriche.
Outre Helmut Kutin et Barbara François, président et vice-présidente de SOS-Kinderdorf International, un invité de marque était présent: Gilbert Cotteau. C'est lui qui, en 1953, entendit parler de Hermann Gmeiner dans un article de journal et le rencontra la même année. Cotteau fut le premier, en dehors de l'Autriche, à s'intéresser à SOS Villages d'Enfants et à contacter Hermann Gmeiner. Trois ans seulement après leur rencontre, ils posèrent ensemble la première pierre du village d'enfants SOS de Busigny; à l'époque, Cotteau n'était âgé que de 22 ans.
Dans son discours, Cotteau a raconté les débuts, une expérience marquante - pour lui décisive sur le plan personnel: alors qu'il était un jeune instituteur, un garçon lui a demandé: "C'est parce que je suis orphelin que vous me mettez un zéro?". Il apprit ainsi que le garçon avait perdu ses parents dans un accident de voiture et qu'il avait été séparé de ses frères et soeurs. Cette séparation de la fratrie à la suite de la perte des parents bouleversa Cotteau et le mit finalement sur la voie du concept des villages d'enfants SOS de Hermann Gmeiner, qui a fait de l'admission commune des fratries dans une famille un de ses éléments pédagogiques essentiels.

D'un numéro à un vrai nom - Photo: R. Pichler
|
Aujourd'hui encore, l'action menée dans les 13 villages d'enfants SOS français met l'accent sur la prise en charge des fratries, l'organisation soutient activement le maintien des liens entre les frères et soeurs dans le placement en famille d'accueil. Pour les enfants ne pouvant vivre dans leur famille biologique et qui ont vécu l'éclatement familial comme un traumatisme, la séparation des frères et soeurs représente une nouvelle menace pour l'existence, c'est pourquoi une admission commune des frères et des soeurs dans une situation de prise en charge non familiale est essentielle pour la sécurité émotionnelle et la stabilité de chaque enfant.
Après les discours, les allocutions, les félicitations et les spectacles proposés par les enfants, un homme s'est approché de Cotteau et lui a tendu un cadeau très particulier. Cet homme faisait partie du premier groupe d'enfants à venir habiter au village d'enfants SOS de Busigny. A l'époque, il portait autour du cou une chaîne avec un pendentif sur lequel était gravé le numéro 861. 861, c'était son identité à l'orphelinat avant qu'il ne vienne à Busigny. Il a offert cette chaîne à Gilbert Cotteau en lui disant: "Au village d'enfants SOS, j'ai retrouvé un vrai nom."
Au nom de l'organisation entière, le président Helmut Kutin a félicité SOS Villages d'Enfants France pour la qualité de son action au cours des 50 dernières années. Outre les 13 villages d'enfants SOS en France, l'association soutient aussi 30 villages d'enfants SOS hors de l'Europe. Avec l'Autriche, l'Italie et l'Allemagne, la France faisait également partie des membres fondateurs de l'organisation faîtière SOS-Kinderdorf International, en 1960, à Strasbourg.