La situation des habitants pris entre les fronts de la guerre civile à Monrovia est de plus en plus désespérée et s'aggrave de jour en jour. M. George Kordahi, le directeur de SOS Villages d'Enfants Liberia, dont le bureau se trouve à Monrovia, relate en termes pénétrants la situation désespérée de la population civile dans la capitale du Liberia. Voici son rapport du 22 juillet au soir:
"Les mots ne suffisent pas à décrire la situation ici à Monrovia. En une semaine, les combats entre les rebelles du LURD et les soldats du gouvernement ont fait un grand nombre de morts et de blessés. Les grenades jetées à l'aveuglette par les rebelles, qui veulent prendre totalement le contrôle de la ville, font tellement de victimes que les instances officielles n'arrivent plus à les compter. Les rares organisations humanitaires encore sur place sont complètement dépassées, mais continuent malgré tout à faire de leur mieux. Les affrontements sont si violents que personne ne peut sortir dans la rue pour chercher de quoi manger. Ce matin, nous avons été réveillés par le bruit de l'artillerie autour de nous, car les rebelles ont formé un nouveau front à l'est de Monrovia pour encercler la ville.
Actuellement, plus de 8 000 personnes se trouvent au village d'enfants SOS de Monrovia. Nous avons toutefois la chance d'avoir huit puits sur notre terrain et sommes donc en mesure d'approvisionner les réfugiés avec suffisamment d'eau fraîche. Visiblement, nous sommes aidés par le fait que les conditions d'hygiène sont encore relativement bonnes ici. L'équipe de nettoyage SOS s'affaire tous les matins, nettoie les toilettes et les latrines, et enlève les ordures pour éviter la formation de foyers de maladie. La clinique redouble d'activité, six infirmières, un médecin et neufs assistants supplémentaires tentent de garder le contrôle de la situation."

La vie au village d'enfants SOS de Monrovia en "temps normal" - Photo: A. Gabriel
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Les bâtiments du village d'enfants SOS, conçus en temps normal pour loger quelque 150 enfants orphelins et abandonnés, de même que le jardin d'enfants SOS et l'école SOS Hermann Gmeiner pouvant accueillir 400 élèves environ, touchent aux limites de leurs capacités d'accueil à cause des milliers de réfugiés. On exploite le moindre recoin, l'heure est à l'improvisation. En dix ans de guerre civile, les collaborateurs du village d'enfants SOS ont toutefois appris à affronter les situations extrêmes, la solidarité parmi les collaborateurs et les jeunes SOS constitue un soutien moral face aux contraintes psychiques énormes.
M. Kordahi et son équipe de collaborateurs, dont le bureau est situé au centre de Monrovia, passent le plus clair de leur temps dans les locaux de la cave. Dans ces conditions extrêmes, M. Kordahi essaie d'informer presque tous les jours le bureau régional de SOS Villages d'Enfants pour l'Afrique du nord-ouest - dont le siège est en Gambie - des derniers développements via téléphone satellite. Il en appelle à la communauté internationale: "Nous espérons et prions pour que des troupes arrivent enfin dans le pays pour mettre fin à ce chaos avant qu'il ne soit trop tard.
Pour davantage d'informations, veuillez lire les communiqués des 17 et 22 juillet.