
Une existence en ruines (Akkampettai, Inde) - Photo: D. Sansoni
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Asha n'a que deux ans. En quelques minutes seulement, sa jeune vie a été bouleversée de manière irréversible. Baladevi, la mère d'Asha, et Megha, sa soeur âgée de cinq ans, sont portées disparues. Ce terrible 26 décembre, elles se sont rendues à Kanakachettikulam, en Pondichéry, pour rendre visite aux grands-parents. Lorsque les masses d'eau ont envahi la maison, Baladevi, s'est suspendue au ventilateur de plafond et a essayé de sauver ses enfants. En vain. Seule Asha a pu être sauvée par un jeune membre de la famille.
C'est Devaki, la grand-mère, qui s'occupe maintenant de la petite. Son père a quitté la famille depuis bien longtemps. "Je crains que le père refuse de prendre en charge l'enfant puisqu'il à l'intention de se remarier", explique la grand-mère. Les collaborateurs de SOS Villages d'Enfants Inde ont, dans le cadre de l'aide d'urgence SOS, promis à la grand-mère de lui apporter le soutien dont elle aura besoin. En tant que tutrice de la petite Asha, elle reçoit des médicaments et des denrées alimentaires et Asha peut aller au jardin d'enfants.
Le sort de la famille d'Asha n'est qu'un exemple parmi des centaines de milliers d'histoires tragiques provoquées par le tsunami. Pour les victimes, il y a la vie avant et après le tsunami. Nombreux sont ceux qui doivent repartir à zéro. Un tour de force inimaginable, surtout si on vient de perdre des membres de sa famille. SOS Villages d'Enfants vient en aide à des centaines de ces familles touchées. L'organisation mise sur des programmes à long terme dans des villages bien précis, non seulement pour soulager la misère, mais aussi pour garantir l'avenir des enfants et de leurs familles.

Construction de logements provisoires à Akkampettai, en Inde - Photo: D. Sansoni
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Au sud de l'Inde, environ 900 familles bénéficient ainsi d'un soutien pour reconstruire leur existence. Cinq centres d'activités pour enfants sont actuellement en service. Des repas et une assistance psychologique y sont offerts et les traumatismes sont soignés à travers le dessin, les chansons et la danse.
Deux de ces centres, qui ont pour objectif de soulager les parents, se trouvent à Cuddalore, et l'un d'eux est également équipé d'un terrain de jeux pour les enfants de Chinnavaikal et Kannaginagar. Des pourparlers avec les autorités au sujet de la reconstruction de cent maisons dans ces deux villages sont en cours.
Les trois autres centres pour enfants se trouvent à Singaravalen dans le district de Kanyakumari, Akkampettai à Karaikal et Pudukuppam dans le district de Nagapattinam. Avec la participation active de la population, SOS Villages d'Enfants reconstruit ces trois villages de pêcheurs et le petit village de Periyankayaka à proximité de Singaravalen, bâtiments communaux compris pour les jardins d'enfants, les écoles, les centres sanitaires, etc... En attendant que les maisons soient terminées, des logements provisoires ont été construits et les familles ont pu s'y installer.

L'espoir retrouvé dans le centre d'activités SOS à Pudukuppam, en Inde - Photo: D. Sansoni
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Près de 550 familles avec plus de 1 180 enfants en tout ont reçu une aide financière, afin de pouvoir se procurer l'essentiel. De nouvelles familles sont accueillies en permanence dans ce programme d'aide, prévu pour les cas particulièrement difficiles (surtout pour les familles où soit le père soit la mère a disparu dans la catastrophe). Pendant plusieurs années, ces familles doivent être soutenues pour les questions d'éducation, d'alimentation, de santé et de formation.
En outre, SOS Villages d'Enfants propose une aide à long terme aux femmes enceintes et aux veuves, dont leurs enfants ne peuvent pas s'occuper. Une prochaine étape est la répartition des familles de pêcheurs en petites coopératives (en Inde et au Sri Lanka), qui reçoivent des bateaux, des filets et autre équipement afin de recommencer à gagner leur vie de façon autonome.
Au Sri Lanka, on a adopté des mesures similaires à celles en Inde. L'aide d'urgence de SOS Villages d'Enfants touche près de 1 000 familles de la côte sud et est de l'île. Dans le sud, non loin du village d'enfants SOS de Galle, on aide les familles à reconstruire leurs vies détruites et des programmes d'aide sont appliqués. C'est ainsi qu'au début de la semaine on a pu distribuer à des familles du petit village de Piyadigama près de Galle du matériel de cuisine, des livres, des cahiers, des cartables, des chaussures et des uniformes pour l'école. Ces familles, sérieusement touchées par le raz de marée, avaient certes été ravitaillées en denrées alimentaires mais elles n'avaient plus le matériel pour préparer à manger. Elles n'ont plus les moyens non plus d'envoyer à l'école leurs enfants en âge d'y aller. On a pu remédier à cela.

Centre d'activités SOS pour les enfants à Pudukuppam, en Inde - Photo: D. Sansoni
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Komari et Iralodei, les deux villages de pêcheurs sur la côte est entièrement détruits par les flots, vont être entièrement reconstruits par SOS Villages d'Enfants et la population. 830 familles vont bénéficier de cette action. Les bâtiments communautaires solidement construits et pouvant servir d'écoles, de jardins d'enfants et de centres sanitaires doivent pouvoir constituer en cas d'urgence un abri sûr pour les villageois.
Comme en Inde, on fournit du matériel de pêche et des bateaux aux coopératives de pêcheurs et les familles, particulièrement celles ou un des parents n'a pas survécu, reçoivent une assistance pendant trois ans. Pour soulager les parents fortement mis à l'épreuve pour surmonter la catastrophe, SOS Villages d'Enfants a, au Sri Lanka aussi, ouvert des centres d'activités SOS pour les enfants ainsi que des classes dans les camps provisoires.
En Inde, au Sri Lanka et en Indonésie, où ce sont surtout des équipes de volontaires de SOS Villages d'Enfants qui, dans les camps de réfugiés, prennent en charge les orphelins de la province d'Aceh, jouent et parlent avec eux, il est probable que des villages d'enfants SOS soient construits pour accueillir des enfants ayant perdu toute leur famille.