C'est dans la nuit du lundi au mardi que Richard et Enid Eyeington, à qui l'on doit la réouverture - en janvier de cette année - de l'école qui avait été fermée pendant 20 ans, ont été tués par des agresseurs non encore identifiés.
Les élèves et les professeurs de même que les habitants du voisinage du pensionnat sont profondément choqués. Tous essayent de s'entraider dans cette difficile situation, les localités voisines ont témoigné de leur solidarité et de leur sympathie et ont proposé leur aide. Dans un premier temps, on a annulé les cours des deux prochaines semaines.
Hier, on a également envoyé à Nairobi, la capitale du Kenya, quatre professeurs kenyans de l'école à bord d'un avion transportant les dépouilles mortelles de Richard et d'Enid, et affrété par ECHO, l'organisation d'aide humanitaire des Nations Unies. A la demande de la famille des disparus, le rapatriement en Angleterre des défunts aura vraisemblablement lieu aujourd'hui. L'Ambassade britannique a assuré SOS Villages d'Enfants de son soutien.
M. Claudio Croce, directeur de SOS Villages d'Enfants en Somalie, a rencontré hier le Président du Somaliland, Dahir Rayale Kahin. Ce dernier a adressé ses condoléances à la famille Eyeington et annoncé que toutes les écoles du pays resteraient fermées aujourd'hui.
L'enquête du Ministère de l'intérieur et de la police va bon train, il est question des premiers interrogatoires. Selon M. Hamish Cameron, responsable de la sécurité des Nations Unies en Somalie, l'organisation a offert sa contribution pour tirer au clair le crime. La peur et l'insécurité règnent parmi les étrangers qui habitent au Somaliland, du fait qu'on ignore tout des motifs du crime pour le moment.
En réaction à l'assassinat de Richard et d'Enid Eyeington, les Nations Unies et l'Union européenne ont limité les déplacements de leurs collaborateurs dans certaines régions du Somaliland, notamment à Sheik, ceci bien que les Nations Unies aient déclaré que les localités de Sheik et de Hargeisa étaient les seules régions sûres au Somaliland il y a deux semaines seulement.
En la personne de Richard et d'Enid Eyeington, SOS Villages d'Enfants a perdu deux êtres exceptionnels. En effet, Richard et Enid s'étaient dédiés corps et âme à l'éducation et à la promotion des enfants et des jeunes en Afrique des décennies durant et avaient donc une grande oeuvre humanitaire à leur actif.
Au cours des dernières années, ils avaient fait avancer l'action de SOS Villages d'Enfants au Swaziland, faisant profiter l'organisation de leur longue expérience dans le domaine de l'éducation, qu'ils associaient toujours au droit qu'ont les êtres humains à l'égalité et à l'émancipation. Leur engagement à l'école secondaire SOS Hermann Gmeiner de Sheik aura été la dernière étape de leur parcours placé sous le signe du professionnalisme et de la faculté d'être à l'écoute des autres, avant leur départ à la retraite.
M. Willy Huber, directeur régional de SOS Villages d'Enfants pour l'Afrique de l'est, avec siège à Nairobi, et ami personnel de Richard et d'Enid, s'est montré particulièrement touché. Dans un communiqué officiel portant sur l'avenir de l'action de l'organisation au Somaliland, M. Huber a déclaré:
"Il n'y a pas de mots pour décrire la douleur que nous éprouvons à la suite de la perte de Dick et d'Enid Eyeington le lundi 20 octobre 2003. Leur décès laisse un grand vide, qu'il nous sera impossible de combler. Au Bureau régional pour l'Afrique de l'Est, nous sommes tous anéantis face à cet acte de violence gratuit à l'encontre de deux personnes très dévouées, qui avaient consacré leur vie au développement en Afrique.
Au cours de l'année passée, Dick et Enid ont tout fait pour améliorer le niveau de formation des jeunes Somaliens en Afrique. Pendant la courte période qu'ils ont passée à Sheik, ils ont oeuvré avec un engagement considérable, ont rénové l'école secondaire de Sheik, mis sur pied une équipe très compétente, réussi à obtenir le soutien du gouvernement et des habitants du Somaliland et sont parvenus à intégrer l'école dans la communauté de Sheik.
Ils aimaient et respectaient les habitants du Somaliland et ont permis à d'innombrables jeunes de reprendre espoir. Nous sommes persuadés que Dick et Enid auraient voulu que leur travail soit poursuivi à Sheik. Nous pensons que le meilleur moyen de garder Dick et Enid vivants dans notre c?ur consiste à continuer de soutenir l'école de Sheik, maintenant devenue indépendante, dans le but d'aider durablement la population du Somaliland.
Il va de soi que nous avons tous besoin de temps pour surmonter notre deuil. Nous avons cependant la ferme intention de consolider les liens entre les écoliers et les collaborateurs de l'école, d'assurer de notre aide l'école et de tenir la promesse que nous avons donnée aux habitants du Somaliland en hommage à la mémoire de Dick et d'Enid Eyeington. Nous savons que nous pouvons compter sur le secours et le soutien de la commune de Sheik dans cette entreprise, car elle nous a déjà proposé protection, coopération et amitié."